Avenir des méthodes d'éducabilité cognitive (Dominique Camusso)
Par Paysages Educatifs le samedi 1 mars 2008, 17:17 - Emploi et développement cognitif - Lien permanent
L’avenir des méthodes d’éducabilité cognitive, et en particulier du PEI, en formation d’adultes repose sur la robustesse de la méthode. Pour autant une méthode aussi excellente soit-elle ne sera mobilisée que si un besoin de mobilisation se fait jour.
La situation est-elle perdue ?
L’avenir des méthodes d’éducabilité cognitive, et en particulier du PEI, en
formation d’adultes ne viendra pas des structures de formation. Elles ont
disparu pour celles qui étaient spécifiques quand aux autres elles sont parties
vers d’autres horizons. Au mieux continue-t-on de voir certains formateurs
poursuivre des pratiques basées sur la médiation pédagogique.
et ceci malgré les usages qu’en font certains utilisateurs et peut être même ce
que lui fait subir son propre créateur.L’avenir repose sur la robustesse de la
méthode
Pour autant une méthode aussi excellente soit-elle ne sera mobilisée que si un
besoin de mobilisation se fait jour. Ensuite ce besoin se transformera
éventuellement en une demande à la condition que la méthode soit connue.
Intéressons nous donc d’abord au besoin et ensuite les vertus de la publicité
résoudront peut être les questions d’usage et de diffusion du PEI.
Les tendances d’individualisation inhérentes à la société post moderne et
néo-libérale que nous avons identifiées précédemment vont très certainement
dans le champ de l’entreprise se confronter à des limites.
Une première limite se fera sans doute très rapidement jour dans le domaine
social. Face aux problèmes d’intégration (ou de marginalisation) qui se font
jour dans le pays pour un grand nombre de catégories de population le travail
est toujours conçu comme un vecteur d’insertion. Bien que comme nous le
rappelle Dominique Meda (le travail une valeur en voie de disparition) la vertu
intégrative soit une invention récente et peut pas aussi efficace que cela,
force est de constater que l’ensemble des politiques poursuivies actuellement
posent ce point comme postulat. Les programmes sont tous orientés vers
l’accession à l’emploi, vers l’insertion par l’emploi. Ceci même dans une
période ou l’emploi est insuffisant. En effet on peut à bon droit se demander
pourquoi chercher à intégrer tout le monde dans l’emploi alors que notre pays
est déficitaire en emploi. Même si quelques secteurs d’activité considèrent
qu’ils manquent de main d’œuvre globalement la France manque d’emplois. Face à
2,7 millions de demandeurs d’emplois, il n’y a que 300 000 emplois qui ne sont
pas pourvus. Quand bien même tous les emplois seraient-ils pourvus que ce
seraient encore 2,4 millions de demandeurs d’emplois qui resteraient. Pour
autant, face à chaque problème d’intégration la première réponse est renvoyée
vers les entreprises en leur demandant d’intégrer de nouvelles personnes.
Une deuxième limite à la situation actuelle viendra sans doute aider très
largement à résoudre cette situation apparemment insoluble. La démographie du
pays va voir partir de nombreuses personnes en retraite dans les années à
venir. Qu’on le veuille ou non tous les 365 jours chacun d’entre nous vieillit
d’un an. Bien évidemment simultanément le pays perd un grand nombre d’emplois.
Mais pas en aussi grand nombre que qu’il ne perdra des salariés. A titre
d’exemple les prévisionnistes estiment que l’industrie qui n’est pas la plus
grande pourvoyeuse d’emplois comparativement aux activités de service ou
tertiaires, verra disparaître environ 30 000 emplois par mais en même temps
verra partir 100 000 personnes. Mécaniquement ce phénomène ferra baisser le
taux de chômage en permettant donc une plus grande intégration par l’emploi. Le
vieillissement de la population devrait donc certainement permettre de
satisfaire à la première exigence.
Enfin le troisième facteur qui conduira à l’émergence d’un besoin en outil de
développement cognitif en entreprise sera la probable inadéquation entre les
personnes à insérer dans l’emploi et les emplois à pourvoir. Ne soyons ni naïfs
ni mécanistes, nous savons fort bien que les nouveaux emplois qui apparaissent
ne seront généralement pas pourvus qui les personnes en recherche d’emploi. Ils
le seront par des personnes qui sont déjà en poste et qui en changeront mais
c’est ce phénomène de mobilité qui amorcera la noria qui au bout du compte
libérera des emplois pour les nouveaux arrivants sur le marché. Ce n’est donc
pas avec les nouveaux emplois émergents qu’il faut comparer les personnes en
recherche d’emploi mais avec les emplois durables de plus faible niveau.
La question de la formation doit se regarder aux deux extrémités de la chaîne
d’activité que nous venons de décrire. Au niveau des nouveaux emplois et des
nouvelles activité la question qui se posera sera d’ordre didactique. Il
s’agira de savoir comment former à de nouvelles activités qui n’ont par nature
pas fait l’objet d’une didactisation. Au niveau des activités les plus faibles
la question qui se posera sera celle des individus et sera donc d’ordre
pédagogique.
Pour le niveau haut il s’agit d’une question nouvelle ? Comment former à des choses que nous ne connaissons pas et qui devront de fait faire l’objet d’apprentissages autonomes au moment où le besoin se fera sentir. Ceci sans que l’on ni quand, ni qui, ni quoi.
La question pédagogique sera à peu près la même que celle qui a vu l’arrivée du PEI au milieu des années 80. Avec une grande différence quand même IL s’agit de personnes qui n’ont jamais travaillé alors qu’en 80 il s’agissait de reconversion de travailleur.
On aura affaire à des déprivés culturesl