Les publics fragilisés par des échecs scolaires, ou étiquetés déficients mentaux ont des difficultés similaires à celles des déficients auditifs, on peut s’inspirer des méthodes adaptées aux sourds pour tenter de rendre ces publics plus performants. Ces catégories ont une perception du monde limitée et rigide. Elles se cantonnent dans des  savoirs spécialisés dont elles ne comprennent pas toujours le sens, ou dans des itinéraires connus qu’elles ne cherchent pas à modifier . Leur vocabulaire est pauvre, lacunaire et imprécis. Leur expression orale est floue elles ont des difficultés à se situer dans l‘espace et donc ne se décentrent pas facilement . .Comme l’a précisé Irène Steiner ,la langue est un véhicule important de transmission des connaissances et  c’est donc un instrument d’apprentissage .L’ adaptation scolaire de ces publics est forcément gênée par les défaillances de l’expression et de la compréhension de la langue orale .Ils perdent confiance dans leur compétence et deviennent sourds aux enseignants .Comme en société ,il est nécessaire de savoir écrire et calculer ,il est impératif de savoir lire ,or la lecture est l’expression écrite de la langue orale .Si il y a une incompréhension du sens des mots ,il y a impossibilité d’apprendre à lire et  de participer aux enseignements scolaires. Si l’on tient compte du fait que pour beaucoup d’entre eux ,le milieu familial est déja mal inséré et mal considéré dans la société et ne peut donc leur apporter des points de repères stables  on peut comprendre qu’ils n’arrivent pas à se construire et à se situer dans le groupe dont ils font parti .C ‘ est à ce niveau qu’

interviennent les différences culturelles et religieuses des élèves  avec l‘environnement,.ils ont besoin de l’apport culturel de leur famille pour  établir leur premiers concepts des réalités;Ils ont besoin de l’apport sociaux-culturel de leur famille  pour se structurer et de l’apport religieux pour se forger des repères moraux et comprendre le “ pourquoi” des interdits ( quelque soit leur religion). Or certaines familles sont mal insérées dans une société dont elles ne comprennent ni les critères de valeur ni les critères de fonctionnement. Elles vivent en essayant de se regrouper pat ethnie pour garder leur équilibre .Le milieu familial  ne peut apporter aux élèves de

points stables ..Comme Iréne Steiner le signale dans son article sur “le role de la langue “ ,le bilinguisme des familles émigrantes n’est pas reconnu . Ce serait d’ailleurs onéreux  car elles sont d’ethnie différentes et communiquent par dialecte .Les enfants ont du mal à se repérer entre la langue occidentale du pays d’accueil et la langue (ou le dialecte ) de leur ethnie .Ils entrent dans le milieu scolaire qui devrait leur apporter la motivation pour comprendre et s’approprier les consignes de leur environnement ,mais ils n’y trouvent pas leurs places. D’autre part ,comme les parents d’enfants sourds ,les familles de ce type de public se jugent impuissantes à aider l’enfant à s’insérer dans un milieu ou il n’est ni entendu ,ni compris .La médiation peut aider ces apprenants ,en leur donnant “le gout de l’apprentissage”,en diversifiant les taches et les supports proposés de façon à les sortir de leur “ghetto intellectuel “ . Ces difficultés les rapprochent des malentendants qui ont les mémes pour des raisons pathologiques . L a médiation peut les aider en créant pour l’apprenant une “image de soi” ,positive ;il faut l”amener à une connaissance de ses compétences et de ses lacunes  , l’autoriser à la découverte de l’inconnu refuser le “je ne peux pas “ et le remplacer par “ je vais essayer” .On retrouve ce méme comportement chez le sourd qui a peur de l’inconnu et qui ne peut exprimer sa peur. D’autre part ce public doit comprendre que la diversité de culture ,de religion et de langue est une source de richesse et non de conflit c’ est par les échanges que l’on progresse en connaissances et c’est par les échanges que l’on peut faire le bilan de ce que l’on sait et de ce que l’on doit apprendre .

Avant d’entamer la première partie de cet exposé qui étudiera les problèmes inhérents à la surdité ,il faut définir les termes “adaptation” et “intégration” qui ne sont pas synonymes et dont nous allons nous servir tout au long de cet article :

Adaptation ; est l’évolution de ses idées (ou de son organisation) qui conduit à une meilleure insertion dans son milieu.

intégration pédagogique est une démarche selon laquelle les apprenants mobilisent des ressources pour résoudre une situation complexe

intégration est un processus ethnologique durant lequel un étranger devient membre d’une communauté .

Etre adapté ne veut pas dire être intégré car pour s’intégrer l’individu doit lutter contre ses contradictions et ses incompréhensions des rites et des impératifs de la société dans laquelle il vit. Ces précisions nous amènent à  mieux comprendre les difficultés de certains élèves à accepter  et à s’approprier les enseignements scolaires. A travers ces définitions nous voyons que l’apprenant doit s’approprier des stratégies  pour réussir à s’intégrer dans le milieu scolaire .Ces explications nous amènent au chapitre qui va exposer les problèmes  inhérents à la surdité ,puis faire un parallèle avec les publics en difficulté d’apprentissage nous chercherons ensuite des solutions par la médiation.